{"id":487,"date":"2014-10-01T20:17:15","date_gmt":"2014-10-01T18:17:15","guid":{"rendered":"http:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/?page_id=487"},"modified":"2014-10-02T16:33:27","modified_gmt":"2014-10-02T14:33:27","slug":"sade-et-le-sadisme-dans-la-psychiatrie-francaise","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/chroniques\/sade-et-le-sadisme\/sade-et-le-sadisme-dans-la-psychiatrie-francaise\/","title":{"rendered":"Sade et le sadisme dans la psychiatrie fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"<h2>\u00a0<\/h2>\n<p>Jean-Etienne Dominique ESQUIROL, \u00e9l\u00e8ve de Pinel,\u00a0 fait sa th\u00e8se sur les passions en 1805, puis, m\u00e9decin en chef de la maison royale des ali\u00e9n\u00e9s de Charenton, publie en 1838 <i>Des maladies mentales consid\u00e9r\u00e9es sous les rapports m\u00e9dical, hygi\u00e9nique et m\u00e9dico-l\u00e9gal.<\/i> Il y expose sa th\u00e9orie des monomanies, bas\u00e9es sur la triade philosophique entendement, volont\u00e9, affect\u00a0: les monomanies intellectuelles d\u00e9lirantes d\u2019une part, et les monomanies raisonnantes affectives et instinctives. Sade, dans cette nosographie,\u00a0 \u00e9tait donc cens\u00e9 souffrir donc d\u2019un trouble de la volont\u00e9 avec passages \u00e0 l\u2019acte instinctifs et irr\u00e9pressibles, bref d\u2019une monomanie instinctive sans d\u00e9lire ou folie impulsive, \u00ab\u00a0o\u00f9 le malade est entra\u00een\u00e9 \u00e0 des actes que la raison et le sentiment ne d\u00e9terminent pas, que la conscience r\u00e9prouve, que la volont\u00e9 n\u2019a pas la force de r\u00e9primer\u00a0\u00bb. C\u2019est cette monomanie, qui d\u00e8s le d\u00e9but, va causer une grande controverse sur le plan m\u00e9dico-l\u00e9gal, les juristes trouvant que c\u2019est un alibi facile pour les criminels, et sur le plan \u00e9thique aussi, la loi d\u2019Esquirol rendant l\u2019ali\u00e9n\u00e9 irresponsable de ses actes<a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Dans une deuxi\u00e8me partie \u00ab\u00a0M\u00e9moires statistiques et hygi\u00e9niques sur la folie\u00a0\u00bb Esquirol dresse un historique des maisons d\u2019ali\u00e9n\u00e9s dont Charenton. C\u2019est alors qu\u2019il parle de Sade, lors de la nomination du Docteur Royer-Collard comme m\u00e9decin chef,\u00a0 apr\u00e8s le d\u00e9part du Docteur Gastaldy, malgr\u00e9 la r\u00e9ticence du directeur de Coulmier, qui avait cru trouver dans les repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales et la danse, dans un rem\u00e8de souverain \u00e0 la folie\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le trop fameux de Sade \u00e9tait l\u2019ordinateur de ces f\u00eates, de ces danses, de ces repr\u00e9sentations auxquelles on ne rougissait pas d\u2019appeler des danseuses et des actrices des petits th\u00e9\u00e2tres de Paris [\u2026] Ce spectacle fut un mensonge, les fous ne jouaint point la com\u00e9die, le directeur se jouait du public, tout le monde y fut pris [&#8230;] Tout Paris y courut pendant plusieurs ann\u00e9es. Les uns par curiosit\u00e9, les autres pour juger des effets prodigieux de cet admirable moyen de gu\u00e9rir les ali\u00e9n\u00e9s\u00a0; la v\u00e9rit\u00e9 est que ne moyen ne gu\u00e9rissait pas<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<h3>1. Charles Henry\u00a0: la v\u00e9rit\u00e9 sur Sade<\/h3>\n<p>Deux ans apr\u00e8s, en 1887, en France, une plaquette anonyme de 96 pages est publi\u00e9e chez Dentu (de mani\u00e8re contemporaine de la premi\u00e8re <i>Psychopathia sexualis <\/i>de Krafft-Ebing de 1886) sous le nom de <i>La v\u00e9rit\u00e9 sur le Marquis de Sade.<\/i> En fait l\u2019identit\u00e9 de son auteur sera d\u00e9couverte et r\u00e9v\u00e9l\u00e9e en 1930 dans <i>Le Journal<\/i> par Lucien Descaves\u00a0: Charles Henry. C\u2019est la premi\u00e8re prise de position radicale scientifique fran\u00e7aise vis-\u00e0-vis de Sade, le pr\u00e9sentant comme un \u00ab\u00a0criminel\u00a0 d\u2019imagination\u00a0\u00bb et distinguant formellement ses h\u00e9ros de romans de ses propres actes et fantasmes. Au contraire, Charles Henry fait m\u00eame de Sade un \u00e9crivain moraliste, qui aurait peint les vices pour les faire d\u00e9tester, th\u00e8se qui sera repris par Jeang\u00e8ne Vilmer<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>, qui soutient que Sade a mis le criminel face \u00e0 ses crimes pour le punir. La premi\u00e8re phrase du texte de Charles-Henry sur le sadisme, politique,\u00a0concerne aussi la sublimation\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le sadisme vivra tant qu\u2019il n\u2019y aura pas ni esth\u00e9tique dans notre vie, ni solidarit\u00e9 dans notre milieu social<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Charles Henry n\u2019\u00e9tait pas m\u00e9decin mais a \u00e9t\u00e9 chimiste, pr\u00e9parateur et \u00e9l\u00e8ve de Claude Bernard, historien des math\u00e9matiques, directeur du laboratoire de physiologie des sensations \u00e0 l\u2019Ecole de Hautes Etudes et biblioth\u00e9caire \u00e0 la Sorbonne. Il est connu pour sa th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de la \u00ab\u00a0dynamog\u00e9nie\u00a0\u00bb et son cercle chromatique, trait\u00e9 d\u2019esth\u00e9tique scientifique bien connu en histoire de l\u2019art pour avoir influenc\u00e9 les n\u00e9o-impressionnistes (Signac et Seurat), apr\u00e8s Chevreul et sa loi du contraste simultan\u00e9 des couleurs. Son trait\u00e9 sur les harmonies des couleurs et la dynamog\u00e9nie comprend une introduction sur la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale du contraste, du rythme et de la mesure, dans lequel il donne une d\u00e9finition tr\u00e8s originale de la folie, mise en exergue de son ouvrage sur Sade\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La folie n\u2019est qu\u2019une inhibition du contraste, du rythme et de la mesure des id\u00e9es<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Math\u00e9maticien rigoureux et issu d\u2019une part du positivisme de Claude Bernard, Charles Henry a su appliquer les sciences aux beaux-arts et \u00e0 la litt\u00e9rature. Son ouvrage sur Sade ne d\u00e9nie pas les d\u00e9lits dont il fut accus\u00e9 (affaire Rose Keller et de Marseille avec les bonbons \u00e0 la cantharide), il cherche m\u00eame \u00e0 les expliquer par la r\u00e9pression ou du moins la dissimulation des instincts inh\u00e9rentes \u00e0 un milieu aristocratique s\u00e9culaire, qui ne peut entrainer qu\u2019un retour violent du refoul\u00e9. Mais il se bat contre les ragots et les comm\u00e9rages, des lettres de Madame du Deffand \u00e0 Walpole et du Bibliophile Jacob en particulier, surtout contre\u00a0 les fantasmes collectifs qui ont tant circul\u00e9 sur la vie de Sade. Il distingue surtout le premier \u00ab\u00a0le moralisme vulgaire\u00a0\u00bb des romans dont la publication a \u00e9t\u00e9 officielle, qui finalement caressent la bourgeoisie dans le sens du poil, du \u00ab\u00a0moralisme profond\u00a0\u00bb des romans clandestins o\u00f9 Sade a pu d\u00e9crire la noirceur de l\u2019\u00e2me humaine au risque de faire horreur, mais dont la description positive du mal serait une \u00e9tape n\u00e9cessaire pour apprendre la vertu. Il va surtout rechercher des documents et des lettres \u00e9crites en prison pour tenter de montrer un aspect humain de Sade, repenti et dans la r\u00e9demption (\u00ab\u00a0pleurer mes fautes, d\u00e9tester mes erreurs est mon unique occupation, [\u2026] Donnez-moi la douceur de me r\u00e9concilier avec une personne qui m\u2019est si ch\u00e8re et que j\u2019ai eu la faiblesse d\u2019offenser si gri\u00e8vement<a title=\"\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0\u00bb). Et publie les r\u00e9ponses au Journal de Paris dans lequel Sade lutte contre la calomnie et se d\u00e9fend d\u2019\u00eatre l\u2019auteur de Justine. Dans cet ouvrage d\u00e9routant, Charles Henry fait preuve d\u2019une certaine na\u00efvet\u00e9 pour un scientifique. Il commence par banaliser,\u00a0pour conclure \u00ab\u00a0pour les disciples du baron d\u2019Holbach\u00a0de l\u2019exp\u00e9rience morale\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il fit alors des centaines le faisait.<\/p>\n<p>On n\u2019est pas criminel pour faire la peinture des bizarres penchants qu\u2019inspire la nature<a title=\"\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<h3>2. L\u00e9on Thoinot et le sadisme<\/h3>\n<p>En 1898 sont publi\u00e9es Les Le\u00e7ons du Docteur Louis-Henry Thoinot, donn\u00e9es \u00e0 la facult\u00e9 de M\u00e9decine de Paris sous le titre <i>Attentats aux m\u0153urs et perversions du sens g\u00e9nital<\/i>. La pr\u00e9face pr\u00e9cise que c\u2019est une mise point et une vulgarisation sur les perversions du sens g\u00e9nital, avec son triple int\u00e9r\u00eat clinique, psychologique et m\u00e9dico-l\u00e9gal<a title=\"\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>\u00bb. Sujet ancien des m\u00e9decins experts et ali\u00e9nistes, les perversions, anomalies, aberrations, d\u00e9viations (\u00ab\u00a0tous ces mots sont synonymes\u00a0<a title=\"\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>\u00bb) ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9s d\u2019\u00e9tudes r\u00e9centes\u00a0:<\/p>\n<p>Nous aborderons cette \u00e9tude en bannissant tout sentiment de fausse pudeur si f\u00e2cheux en m\u00e9decine [\u2026] C\u2019est vous apprendre \u00e0 voir presque toujours de malheureux irresponsables dans ces pervertis sexuels dont la m\u00e9decine s\u2019est trop longtemps d\u00e9tourn\u00e9e avec horreur, manquant au devoir noble de d\u00e9couvrir et de d\u00e9fendre les <i>faux coupables<\/i>, quels qu\u2019ils soient, quelque\u00a0 abominable que puisse para\u00eetre leur action aux yeux du vulgaire ignorant<a title=\"\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Thoinot reprend les d\u00e9finitions de Morel (d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s tous h\u00e9r\u00e9ditaires) et de Magnan (aussi acquis) des pervertis sexuels comme, mais pr\u00e9cise-t-il -non dans tous les cas- de malades du cerveau et de d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s mentaux. Il y a d\u2019autres malades non d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s qui pr\u00e9sentent aussi des perversions. Le d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 mental est un d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 de l\u2019intelligence, de la volont\u00e9 et de la sensibilit\u00e9, o\u00f9 la triade harmonique est rompue et la fonction de reproduction n\u2019existe plus. Les centres sensitifs d\u2019un pervers fonctionnent affranchis du contr\u00f4le des centres psychiques et de la volont\u00e9 et l\u2019instinct sexuel est devenu impulsif. La le\u00e7on XVIII est consacr\u00e9e au sadisme et au masochisme. On y trouve la d\u00e9finition suivante\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Trouver dans une souffrance de degr\u00e9 tr\u00e8s variable -tant\u00f4t l\u00e9g\u00e8re, tant\u00f4t grave ou d\u2019un raffinement atroce- qu\u2019on fait infliger, qu\u2019on voit infliger, ou qu\u2019on inflige enfin soi-m\u00eame \u00e0 un \u00eatre humain, la condition toujours n\u00e9cessaire\u00a0et parfois suffisante de la jouissance sexuelle\u00a0: telle est la perversion de l\u2019instinct g\u00e9nital qu\u2019on d\u00e9signe aujourd\u2019hui sous le nom de sadisme [\u2026] Le Marquis de Sade, <b>de triste m\u00e9moire<\/b>, fut dans ses \u00e9crits le <b>prototype de cette monstrueuse anomalie<\/b>\u00a0: d\u2019o\u00f9 les noms de sadisme, actes sadiques<a title=\"\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le masochisme est l\u2019oppos\u00e9 exact du sadisme MAIS n\u2019a aucun int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicol\u00e9gal, est toujours h\u00e9t\u00e9rosexuel et une pathologie de l\u2019homme, qui jouit des tortures inflig\u00e9es par des femmes (sadiques\u00a0?). Sacher-Masoch est cit\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de l\u2019antonomase, car \u00ab\u00a0il a fait de cette anomalie le th\u00e8me pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de ses nouvelles\u00a0\u00bb. Suit le cas Rousseau et les fess\u00e9es de Melle Lambercier, Rousseau servant selon Thoinot \u00e0 v\u00e9rifier que l\u2019\u00e9closion du masochisme, nettement cong\u00e9nital chez Rousseau,\u00a0 se fait sur fond de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>S\u2019il a exist\u00e9 un type parfait de d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 sup\u00e9rieur, c\u2019est bien assur\u00e9ment Rousseau, presque un fou moral, et en m\u00eame temps \u00e9crivain de g\u00e9nie<a title=\"\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter ici la confrontation du jugement moral et de l\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicol\u00e9gal sur le sadisme et du masochisme, \u00e0 travers deux \u00e9crivains. Sade est donc un prototype de la \u00ab\u00a0monstrueuse anomalie\u00a0\u00bb qu\u2019est le sadisme, int\u00e9ressant sur le plan judiciaire,\u00a0 qu\u2019il a\u00a0 transcrit dans ses \u00e9crits. Rousseau, \u00ab\u00a0un d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 sup\u00e9rieur, presque un fou moral\u00a0\u00bb mais non dangereux, est un \u00e9crivain de g\u00e9nie. Si le sadique est un d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 impulsif, le masochisme est plut\u00f4t un presque fou. Face aux sadiques sanguinaires et meurtriers longuement d\u00e9crits, le masochiste fait figure de p\u00e2le malheureux, aux scenari fantasmatiques r\u00e9p\u00e9titifs et restreints, voire d\u2019impuissant\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il s\u2019en faut que cette com\u00e9die masochiste r\u00e9ponde dans tous les cas aux esp\u00e9rances du malheureux qui l\u2019a con\u00e7ue d\u2019apr\u00e8s ces r\u00eaves toujours si puissants sur lui, et plus d\u2019un, apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 toute la sc\u00e8ne sans un d\u00e9sir, sans une \u00e9rection, s\u2019enfuit honteux pour retomber et se confiner \u00e0 jamais dans son masochisme id\u00e9al<a title=\"\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<h3>3. Alexandre Lacassagne et le docteur Marciat<\/h3>\n<p>Sous le pseudonyme du Docteur Marciat, le m\u00e9decin Claude Tournier consacre en 1899 un texte enti\u00e8rement \u00e0 Sade <i>Le Marquis de Sade et le sadisme <\/i>dans <i>Vacher et l\u2019\u00e9ventreur et les crimes sadiques<\/i> d\u2018Alexandre Lacassagne. Ce dernier d\u00e9veloppe d\u2019abord le cas de Joseph Vacher, qui assassinait, violait et mutilait (\u00e9ventrait) les bergers et berg\u00e8res. \u00c0 l\u2019aide de rapports d\u2019expertises, en jurant au lecteur- le ton est donn\u00e9- comme \u00ab\u00a0aux Assises de n\u2019avoir dit que la v\u00e9rit\u00e9 et rien que la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb. Sa d\u00e9finition du sadisme est la suivante, diff\u00e9rente de celle de Thoinot, qu\u2019il trouve trop descriptive, plus psycho-pathologique en effet, \u00a0insistant sur la pulsion de mort\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le sadisme est un \u00e9tat c\u00e9r\u00e9bral dans lequel l\u2019instinct sexuel est excit\u00e9 ou satisfait sous l\u2019influence de l\u2019instinct destructeur<a title=\"\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Docteur Marciat, dans son texte consacr\u00e9 \u00e0 Sade et au sadisme, rappelle d\u2019embl\u00e9e la d\u00e9finition de Thoinot et s\u2019interroge sur la justification du \u00ab\u00a0parrainage\u00a0\u00bb par le Marquis de Sade de cette perversion\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse est affirmative. Le marquis de Sade, s\u2019il n\u2019est en rien comparable dans la vie pratique \u00e0 Gilles de Rays, a \u00e9t\u00e9 dans ses \u00e9crits le th\u00e9oricien ing\u00e9nieux et le peintre \u00e9pouvantablement imaginatif du plaisir sexuel accompagn\u00e9 de douleur. Le personnage et ses livres m\u00e9ritent plus d\u2019attention qu\u2019il ne leur a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 par les m\u00e9decins<a title=\"\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re partie sur la vie de Sade, Marciat cherche \u00e0 corriger les l\u00e9gendes v\u00e9hicul\u00e9es dans la Gazette m\u00e9dicale de Paris par Bri\u00e8re de Boismont en 1849, reprises par Moreau de Tours dans les <i>Aberrations du sens g\u00e9n\u00e9sique,<\/i> et les r\u00e9cits biographiques du Bibliophile Jacob de 1838. Il insiste sur son milieu et son mariage, fait de la psychanalyse appliqu\u00e9e, expliquant la d\u00e9viation morale de de Sade et cette premi\u00e8re phase d\u2019\u00e9volution sadique\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Marquis de Sade va ainsi vivre dans une soci\u00e9t\u00e9 qui, pratiquant la cruaut\u00e9 morale, glisse vers la cruaut\u00e9 du corps<a title=\"\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Son mariage contrari\u00e9, la haine de sa belle-m\u00e8re et son amour pour Anne-Prosp\u00e8re de Launay ont selon Marciat transform\u00e9 Sade en un \u00ab\u00a0d\u00e9bauch\u00e9 aigri, ha\u00efssant sa femme, comme revanche de la s\u00e9paration endur\u00e9e de la femme qu\u2019il aime\u00a0\u00bb. A propos des affaires Keller et de Marseille, Marciat \u00e9bauche une th\u00e9orie de la sublimation\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une tendance \u00e0 la cruaut\u00e9, peut-\u00eatre un peu plus accentu\u00e9e que chez les autres, un grand m\u00e9pris de la femme, un temp\u00e9rament \u00e0 besoins sexuels imp\u00e9rieux, me paraissent constituer, \u00e0 cette \u00e9poque de sa vie, la personnalit\u00e9 du marquis de Sade. Un tel homme, intelligent plus que ses compagnons de d\u00e9bauche, ne subira pas une d\u00e9tention arbitraire de treize ans de dur\u00e9e, ne vivra pas de trente-huit ans \u00e0 cinquante-et-un ans priv\u00e9 de toute satisfaction g\u00e9nitale sans r\u00e9volte contre la soci\u00e9t\u00e9 et ses lois, sans subir un \u00e9r\u00e9thisme sexuel violent. Pourquoi s\u2019\u00e9tonner si l\u2019\u00e9crivain qui est n\u00e9 de cette double influence est l\u2019auteur de <i>Justine<\/i>, ce m\u00e9lange de n\u00e9gations enrag\u00e9es de toutes les lois humaines et morales de d\u2019actes sexuels furieux<a title=\"\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marciat \u00e9met donc une double hypoth\u00e8se sur la sublimation de ses pulsions sexuelles dans\u00a0 l\u2019\u00e9criture\u00a0: une pr\u00e9disposition libidinale et une frustration impos\u00e9e, aboutissant \u00e0 un \u00ab\u00a0\u00e9r\u00e9thisme\u00a0\u00bb violent, sublim\u00e9 en une \u0153uvre litt\u00e9raire violente. Il le d\u00e9crit comme tr\u00e8s clairvoyant sur le plan philosophique, dans <i>Aline et Valcour<\/i> en particulier, o\u00f9 il proph\u00e9tise la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans les deux chapitres suivants, Marciat s\u2019interroge sur les liens entre les \u00e9crits avou\u00e9s avec ses th\u00e9ories publiques et ses \u00e9crits\u00a0 clandestins avec ses th\u00e9ories du sens sexuel.\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si dans sa vie le marquis de Sade appara\u00eet plut\u00f4t comme la victime expiatoire d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9bauch\u00e9e, il faut avouer que ses \u00e9crits le d\u00e9signaient \u00e0 ce r\u00f4le. [\u2026] Dans les livres avou\u00e9s comme dans ceux ni\u00e9s, on trouve le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 d\u2019opposition brutale entre le personnage d\u2019une vertu et d\u2019une sensiblerie \u00e0 la mode alors, et le personnage qui au nom de la philosophie a r\u00e9pudi\u00e9 en th\u00e9orie et en pratique tout principe moral.<a title=\"\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Blamont y est d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0un petit sadique\u00a0\u00bb, un philosophe anarchiste, qui met ses th\u00e9ories en pratique certes vis-\u00e0 vis de sa femme (qu\u2019il fait empoisonner) et de ses filles, mais, outre quelques sc\u00e8nes de flagellations, sans jamais commettre d\u2019actes de volupt\u00e9 dans le sang. Contrairement \u00e0 Charles Henry, Marciat trouve les justifications de Sade vis \u00e0 vis de <i>Justine<\/i>, <i>Juliette <\/i>et <i>La philosophie dans le boudoir<\/i>, pr\u00e9tendant \u00e9crire un livre moralisateur en montrant les pires vices pour faire aimer la vertu, subversives. Il s\u2019agit alors de \u00ab\u00a0grand sadisme\u00a0\u00bb. Le docteur Marciat d\u00e9coupe en fait l\u2019\u0153uvre de Sade en trois\u00a0: une philosophie sadique sociale (meurtre), une philosophie sexuelle (inceste) et les actes sadiques imagin\u00e9s par Sade dont il trouve l\u2019imagination d\u00e9plorable.<\/p>\n<h3>4. Augustin Caban\u00e8s et le docteur Jacobus X.<\/h3>\n<p>Le Docteur Augustin Caban\u00e8s (1862-1928) publie en 1900 <i>La pr\u00e9tendue folie du Marquis de Sade<\/i> dans <i>Le cabinet secret de l\u2019histoire entr\u2019ouvert par un m\u00e9decin<\/i>. Curieux ouvrage traitant des questions sexuelles des rois, allant aussi bien de la relation de Fran\u00e7ois I avec la belle ferronni\u00e8re, de la st\u00e9rilit\u00e9 de Catherine de M\u00e9dicis, de la chastet\u00e9 de Louis XIII, de la consommation du mariage de Louis XIV\u2026 Le texte sur Sade fut r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 partir des documents d\u2019archives des Affaires \u00e9trang\u00e8res et de la Maison de Charenton. Caban\u00e8s pr\u00e9tend revisiter la biographie de \u00ab\u00a0\u00e9trange et falot personnage \u00bb dont \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9rotisme sanguinaire fut plus virtuel que r\u00e9el\u00a0\u00bb, se manifestant plut\u00f4t par des \u00e9crits que par des actes\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans sa vie priv\u00e9e, Sade fut licencieux, aimablement pervers, s\u2019embarrassant le moins possible de pr\u00e9jug\u00e9s. Composer des ouvrages obsc\u00e8nes fut pour le marquis une distraction, un d\u00e9rivatif aux \u00e9lucubrations d\u2019une imagination ardente et d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e [\u2026] On pourrait dire que ce fut de la <i>satyrographomanie<\/i> plut\u00f4t que de la v\u00e9ritable \u00e9rotomanie<a title=\"\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Caban\u00e8s insiste sur son travail d\u2019\u00e9criture en prison, lieu dans lequel Sade \u00e9tait en \u00ab\u00e9tat de l\u00e9gitime d\u00e9fense\u00a0\u00bb vis \u00e0 vis d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui m\u00e9connaissait ses m\u00e9rites et le privait de libert\u00e9. M\u00e9ritant donc \u00ab\u00a0des circonstances att\u00e9nuantes\u00a0\u00bb, non pas tant parce qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 calomni\u00e9, mais parce que les faits reproch\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s grossis, Caban\u00e8s se propose d\u2019\u00e9crire ni un plaidoyer, ni une justification, mais de r\u00e9parer la v\u00e9rit\u00e9 en relisant les irr\u00e9cusables t\u00e9moignages d\u2019apr\u00e8s des documents dont il a contr\u00f4l\u00e9 l\u2019ind\u00e9niable authenticit\u00e9. C\u2019est donc la m\u00eame d\u00e9marche que Charles Henry.<\/p>\n<p>En 1901, le docteur Caban\u00e8s pour certains<a title=\"\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>, pour d\u2019autre Louis Jacolliot, sous le pseudonyme de Dr Jacobus X, publie <i>Le marquis de Sade et son \u0153uvre devant la science m\u00e9dicale et la litt\u00e9rature moderne.<\/i> Jacobus X est pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019auteur de textes originaux tels que les\u00a0 <i>Singularit\u00e9s sexuelles dans les colonies fran\u00e7aises<\/i>, sur<i> l\u2019ethnologie du sens g\u00e9nital<\/i>, sur <i>les bases de la psychologie passionnelle\u2026<\/i> L\u2019avis de l\u2019\u00e9diteur (Carrington) est clair\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une gloire inf\u00e2me aur\u00e9ole d\u2019ombre le nom du marquis de Sade, juste r\u00e9tribution d\u2019une vie que l\u2019on suppose enti\u00e8rement vou\u00e9e \u00e0 l\u2019apologie du crime et de la plus noire, la plus horrible des folies sexuelles. Qu\u2019on ne s\u2019y trompe point. L\u2019auteur n\u2019a pas voulu que le monstre fut embelli par son art, a travaill\u00e9 en psychologue, en savant, a diss\u00e9qu\u00e9 froidement son sujet<a title=\"\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019avertissement du Docteur Jacobus X concernant l\u2019adresse de son texte, qui pr\u00e9cise avoir \u00e9crit cet ouvrage dans un but autant philosophique litt\u00e9raire que m\u00e9dical est pire\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En vue des gens s\u00e9rieux qui veulent \u00e9tudier la b\u00eate humaine et ses \u00e9tranges faiblesses\u00a0; non pour les petits jeunes gens des lyc\u00e9es\u00a0; non pour les pseudo-pucelles hyst\u00e9riques qui aiment les romans terribles<a title=\"\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On pourrait y entendre de l\u2019anti-Sade\u00a0: La m\u00e8re n\u2019en prescrira pas la lecture \u00e0 sa fille\u2026<\/p>\n<p>L\u2019auteur pr\u00e9cise que sans doute sa r\u00e9putation d\u2019infamie ne lui aurait pas surv\u00e9cue, s\u2019il avait n\u00e9glig\u00e9 d\u2019\u00e9crire. S\u2019il est impossible de trouver la preuve d\u2019un seul crime commis par lui, la perversion de cet homme reste d\u00e9montr\u00e9e par ses textes, par sa th\u00e9orie \u00ab\u00a0du vice toujours r\u00e9compens\u00e9 et de la vertu toujours punie\u00a0\u00bb.\u00a0 A propos de l\u2019antonomase il est \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une \u00e2me aussi sombre appartient \u00e0 la science puisque son nom sert \u00e0 cette m\u00eame science pour \u00e9tiqueter une aberration [\u2026] De Sade a le triste privil\u00e8ge de faire d\u00e9nommer sadisme cet amalgame de luxure et de cruaut\u00e9, vocable qu\u2019oublia le Littr\u00e9 mais adopt\u00e9 par les \u00e9crivains modernes<a title=\"\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Qualifiant Sade de \u00ab\u00a0l\u2019ap\u00f4tre mat\u00e9rialiste du co\u00eft antiphysique, qui ne voit dans l\u2019amour que la passion bestiale assouvie au milieu des plus affreuses tortures inflig\u00e9es \u00e0 la victime\u00a0\u00bb,\u00a0 sa d\u00e9finition du plaisir sadique est\u00a0la suivante\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sensation la plus forte qu\u2019il soit possible d\u2019\u00e9prouver par la torture d\u2019un \u00eatre soumis aux caprices du d\u00e9bauch\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019auteur s\u2019en prend ensuite \u00e0 Iwan Bloch \/ Eugen D\u00fchren et justifie ce texte sous pr\u00e9texte qu\u2019il ne fallait pas laisser \u00e0 \u00ab\u00a0un \u00e9tranger\u00a0\u00bb le soin de projeter la lumi\u00e8re sur la v\u00e9rit\u00e9 historique. Ne se rendant peut-\u00eatre pas compte de la teneur germanophobe de son propos, il accuse m\u00eame en revanche D\u00fchren de gallophobie, qui avait fait de Sade une synth\u00e8se du XVIII\u1d49 si\u00e8cle en g\u00e9n\u00e9ral et de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise en particulier. Il veut montrer au psychiatre allemand que \u00ab qui trop embrasse mal \u00e9treint\u00a0\u00bb et que si l\u2019\u0153uvre de Sade \u00e9tait le \u00ab\u00a0fruit v\u00e9n\u00e9neux et pourri d\u2019un si\u00e8cle dissolu\u00a0\u00bb, c\u2019\u00e9tait un effet et non une cause.<\/p>\n<p>Enfin, il accorde \u00e0 Sade le statut de \u00ab\u00a0p\u00e8re du naturalisme\u00a0\u00bb, arguant que les personnages de Zola ne sont pas plus immoraux que les siens. Il faut donc \u00e9tudier Sade comme Zola, avec ces deux entit\u00e9s \u00ab\u00a0nature et temp\u00e9rament\u00a0\u00bb, h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et d\u00e9terminisme du milieu, suivant le positivisme de Claude Bernard.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Voir ALTHUSSER qui \u00e9crit <i>L\u2019avenir dure longtemps<\/i> pour s\u2019expliquer sur l\u2019impunit\u00e9 du meurtre de sa femme.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> ESQUIROL, <i>Des maladies mentales consid\u00e9r\u00e9es sous les rapports m\u00e9dical, hygi\u00e9nique et m\u00e9dico-l\u00e9gal, <\/i>Paris, J.-B. BaillI\u00e8re, 1838, Tome 2,\u00a0 p. 579.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> VILMER, Jean-Baptiste Jeang\u00e8ne, <i>Sade moraliste,<\/i> Le d\u00e9voilement de la pens\u00e9e sadienne \u00e0\u00a0 la lumi\u00e8re de la r\u00e9forme p\u00e9nale au XVIII\u1d49 si\u00e8cle, Gen\u00e8ve, Droz, 2005.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> HENRY, Charles, <i>La v\u00e9rit\u00e9 sur le marquis de Sade<\/i>, 1887, Paris, Les billets de la Biblioth\u00e8que, pr\u00e9face Christian Lacombe, 2010, p. 15.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p.15.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Lettre de SADE au gouverneur de la prison de Vincennes du 2.11.1763, cit\u00e9e Charles HENRY, <i>Op.\u00a0,Cit.,<\/i> p. 19.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> HENRY, Charles, <i>Op. Cit.,<\/i> p. 45.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> THOINOT, L\u00e9on-Henri, <i>Attentats aux m\u0153urs et perversions du sens g\u00e9nital<\/i>, Paris, O. Doin, 1898, Fac simil\u00e9 Elibron Classics series, Adamant Media Corporation, 2005, pr\u00e9face.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> <i>Ibid<\/i>, p. 275.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> <i>Ibid<\/i>, p. 276.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> <i>Ibid,<\/i> pp.\u00a0 441-442.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p. 468.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p. 470.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p. 239.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Docteur MARCIAT,\u00a0 <i>Le marquis de Sade et le sadisme<\/i>, dans\u00a0: LACASSAGNE, <i>Op. Cit,<\/i> p. 185.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p. 190.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p. 196.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> <i>Ibid,<\/i> p. 218.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> CABAN\u00c8S, Augustin, <i>La pr\u00e9tendue folie du Marquis de Sade,<\/i> dans\u00a0: <i>Le cabinet secret de l\u2019histoire entr\u2019ouvert par un m\u00e9decin<\/i>, Paris, A. Maloine, 1900, pp. 268-269.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> LEVENT, Jean-Marc, <i>Sade, l\u2019homme naturel du XIX \u1d49 si\u00e8cle, <\/i>dans\u00a0: <i>Penser Sade,<\/i> Lignes 14, \u00c9ditions L\u00e9o Scheer, mai 2004,\u00a0 p. 173.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> Docteur JACOBUS X, <i>Le Marquis de Sade et sou \u0153uvre, devant la science m\u00e9dicale et la litt\u00e9rature moderne,<\/i> Paris, Carrington, 1901, avis de l\u2019\u00e9diteur.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> <i>Ibid,<\/i> pr\u00e9face, p. XI.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> <i>Ibid,<\/i> avis de l\u2019\u00e9diteur puis pr\u00e9face de l\u2019auteur.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Jean-Etienne Dominique ESQUIROL, \u00e9l\u00e8ve de Pinel,\u00a0 fait sa th\u00e8se sur les passions en 1805, puis, m\u00e9decin en chef de<\/p>\n<div class=\"read-button read_more_btn_text\"><a class=\"read_more\" href=\"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/chroniques\/sade-et-le-sadisme\/sade-et-le-sadisme-dans-la-psychiatrie-francaise\/\">Lire la suite &#8230;<span class=\"arrow_readm\"> &#x25BA;<\/span><\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":469,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"template-fullwidth.php","meta":{"footnotes":""},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/487"}],"collection":[{"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=487"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/487\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":534,"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/487\/revisions\/534"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/469"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/docteurpascalpierlot.fr\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=487"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}